Maroc : une plateforme numérique pour sauver les doctorants du décrochage

La startup EdTech PhiDoc a lancé, le 16 septembre à Marrakech, une plateforme numérique destinée aux doctorants et chercheurs du Maroc et d'Afrique. L'outil vise à réduire le taux d'abandon des thèses, estimé à 90 % selon des données citées par l'ancien ministre de l'Enseignement Supérieur, Abdellatif Miraoui.

Le constat est structurel: sur les 40 000 doctorants inscrits en 2023-2024, beaucoup s'arrêtent en chemin faute de financements, d'encadrement suffisant ou d'accès aux bases de données. Un facteur aggravant est l'opacité de l'information. Les appels à bourses et à communications circulent souvent trop tard ou de manière inégale via des groupes WhatsApp et des listes de diffusion.

Oussama Elasri, fondateur de PhiDoc et ancien chercheur à l'université Cadi Ayyad, a conçu l'outil après avoir manqué une opportunité Erasmus+ pour une raison simple: il a appris l'existence de l'appel le lendemain de la clôture. Selon lui, l'écart de réussite entre un chercheur basé à Marrakech et un autre à Lyon ne tient pas au talent, mais à l'accès à l'information.

La plateforme centralise désormais plusieurs fonctions: l'organisation de la thèse par étapes, la réception d'appels à financement filtrés par discipline, un annuaire de chercheurs pour identifier des collaborateurs et un assistant pour la méthodologie et la rédaction. Pour les enquêtes de terrain, un système de réciprocité permet de recruter des participants au sein même de la communauté.

Pour pallier le manque d'encadrement, PhiDoc intègre un programme de mentorat. Des professeurs, notamment issus de la diaspora marocaine, peuvent accompagner des doctorants à distance. Ce dispositif tente de transformer la fuite des cerveaux en un transfert de compétences bidirectionnel.

Si le projet débute au Maroc, PhiDoc prévoit de s'étendre à l'ensemble du continent africain puis à la région MENA. L'objectif est de combler un fossé financier et informationnel majeur: les pays à revenu élevé concentrent 77 % des dépenses mondiales de recherche et développement, contre 0,3 % pour les pays à faible revenu.

L'accès est ouvert aux doctorants, chercheurs et professeurs sur phidoc. org. Des options d'accès institutionnel sont également disponibles pour les laboratoires et les universités partenaires.

Автор Natalia Timofeeva
Correspondante à Pravda.Ru, journaliste généraliste, elle rédige des actualités de tous horizons pour l'édition française du site.