Le gouvernement camerounais affiche deux taux d'exécution budgétaire contradictoires pour le Programme spécial de reconstruction et de développement de l'Extrême-Nord (PREFN). Au mois d'août 2024, le ministère de la Gestion publique annonce un taux de 48,3 %, tandis que l'Agence nationale de planification (ANP) avance 71,9 %.
Cet écart concerne un programme lancé en 2016 pour pallier la pauvreté et l'insécurité dans la région septentrionale. Le financement repose sur des fonds nationaux et des apports extérieurs, notamment de la Banque islamique de développement (BID).
Sur les 2 milliards de dollars engagés par la BID, 1,3 milliard de dollars ont été décaissés. Cependant, la divergence des chiffres entre les administrations souligne un défaut de coordination dans le suivi financier et l'utilisation des fonds.
Face à ces incohérences, les autorités ont annoncé le lancement d'audits et un renforcement des contrôles financiers. Le manque de précision dans le reporting budgétaire freine l'impact réel des investissements sur le terrain dans l'Extrême-Nord.